A la découverte de la Muhraka sur le mont Carmel

Publié par guideisrael le

Au nord-ouest d’Israël se trouve la région du Carmel dont Haïfa est la ville principale. C’est une grande région au climat méditerranéen, dont le nom signifie « le vignoble de Dieu ». Elle est mentionnée à plusieurs reprises dans l’Ancien Testament notamment comme une région très fertile. Elle est délimitée par la mer méditerranée au nord et à l’ouest. Au nord-est, la limite du Carmel est constituée par la vallée de Zébulon et la vallée de Jezréel. Au sud, c’est la rivière des crocodiles, « nahal taninim », qui constitue sa limite avec la région du Sharon.

A quelques kilomètres au sud de Haïfa on peut découvrir le village druze de Daliat-el-Karmel. Au-delà du charme de ses petites ruelles et de ses collines verdoyantes, on peut apercevoir à distance, sur les hauteurs, un bâtiment blanc. Il s’agit de l’église de la muhraka, également appelée Keren-Karmel (la corne du Carmel). Il y a ici un complexe administré par l’ordre du Carmel avec une chapelle, un joli parc et un monastère.

Les carmélites, dont le nom de l’ordre est un hommage au mont Carmel, est l’un des ordres catholiques les plus anciens en Terre Sainte. A l’époque des croisades, des moines-chevaliers se sont regroupés autour du français Berthold et ont fondé une première église sur le mont Carmel en 1200. Pourquoi le choix du Mont Carmel ?

Sans doute parce qu’ici eut lieu un fameux duel, duel entre le prophète Elie représentant le monothéisme et les prophètes cananéens adeptes du polythéisme. Le Livre des rois dans l’Ancien Testament raconte comment le Roi Achab de la maison d’Omri (IXème siècle avant notre ère) épouse la princesse phénicienne Jézabel. Celle-ci amène avec elle le culte des Dieux phéniciens et en particulier Ba’al. Le prophète Elie, fervent défenseur du culte juif, provoque les prophètes de Ba’al et leur propose un défi.

Livre des Rois 1, chapitre 18 :

18 : Élie répondit : « Ce n’est pas moi qui porte malheur à Israël ; c’est toi et la maison de ton père, parce que vous avez abandonné les commandements du Seigneur et que tu as suivi les Baals.

19 Et maintenant, convoque et réunis tout Israël près de moi sur le mont Carmel, avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes d’Ashéra qui mangent à la table de Jézabel. »

20 Achab convoqua tout Israël et réunit les prophètes sur le mont Carmel.

21 Élie se présenta devant la foule et dit : « Combien de temps allez-vous danser pour l’un et pour l’autre ? Si c’est le Seigneur qui est Dieu, suivez le Seigneur ; si c’est Baal, suivez Baal. » Et la foule ne répondit mot.

22 Élie continua : « Moi, je suis le seul qui reste des prophètes du Seigneur, tandis que les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante.

23 Amenez-nous deux jeunes taureaux ; qu’ils en choisissent un, qu’ils le dépècent et le placent sur le bûcher, mais qu’ils n’y mettent pas le feu. Moi, je préparerai l’autre taureau, je le placerai sur le bûcher, mais je n’y mettrai pas le feu.

24 Vous invoquerez le nom de votre dieu, et moi, j’invoquerai le nom du Seigneur : le dieu qui répondra par le feu, c’est lui qui est Dieu. » La foule répondit : « C’est d’accord. »

Malgré leurs prières, leurs invocations restèrent sans réponse. Après de nombreuses heures, après avoir fait jeter de l’eau sur son autel, le prophète Elie invoqua Dieu. Immédiatement, l’autel fut détruit par un feu céleste ravageur marquant l’acceptation divine du sacrifice du prophète. Le peuple d’Israël réunit fut témoin de ce signe et s’associa à Eli dans le massacre des 400 faux prophètes de Ba’al qui fuyaient.

Selon la tradition, les évènements bibliques se passés juste ici. C’est la raison pour laquelle une église a été construite à l’époque byzantine. Détruite pendant la période arabe, il faut attendre plusieurs centaines d’années, à l’époque ottomane, pour qu’une nouvelle église soit construite ici. C’est en 1867 qu’une chapelle est édifiée. Suivie quelques années plus tard par un monastère carmélite. On peut observer à l’intérieur de l’église un autel en pierre et voir 12 pierres, en référence au texte biblique : « Elie prit douze pierres, selon le nombre des tribus ». Des icones rappellent les moments importants de la vie du prophète Elie, patron des carmélites. Sur les murs, des passages textuels, en hébreu et arabe, tirés du premier livre des Rois (Rois 1 16-40) rappellent les passages les plus significatifs des évènements commémorés ici. Sur un mur se trouve une statue en métal illustrant le prophète Elie dans le désert, après avoir fui la reine Jézabel (1 Rois 19).

Dans la cour de l’église se trouve une statue du prophète Elie massacrant les prophètes de Ba’al. Des extraits de l’Ancien Testament sont gravés sur les quatre côtés du socle de la statue. Cette statue est récente et elle a remplace une statue antérieure détruite pendant la Guerre d’Indépendance en 1948.

Le toit de l’église offre un point d’observation exceptionnel à 360 degrés sur le nord du pays. On peut voir au sud la région de Tel Aviv et la zone du Sharon. Au sud-est, les montagnes de Samarie et les vallées de Megiddo et de Jezréel. Au nord-est, pas temps clair, on peut également distinguer les montagnes de Haute Galilée et les hauteurs du Mont Hermon, enneigés entre janvier et mars.

Par son importance théologique et la beauté des lieux, cette petite église est devenue un passage obligé pour de nombreux pèlerins en visite en Terre Sainte.

 


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