La Cène

Publié par guideisrael le

Une église appelée « Sion, Mère de toutes les Églises » a été construite ici au 5ème siècle. Celle-ci fut détruite au 7ème siècle lors l’invasion des Perses. Au 12ème siècle, les croisés reconstruisirent au même endroit une église. En 1187, Saladin chassa les croisés de Jérusalem et les franciscains devinrent les gardiens du Cénacle. Les musulmans ont détruit la plupart des sites chrétiens. Fait exceptionnel, le Cénacle n’a pas été détruit mais transformé en mosquée. Une inscription murale arabe datant de 1524 décrit comment le sultan Soleiman le Magnifique a transformé l’église en mosquée. On peut observer des vitraux comportant des extraits du coran et un mihrab du XVIe siècle (niche bâtie à l’intérieur du mur qui donne la direction de la prière, la direction de La Mecque). Cela forme un contraste surprenant avec le cadre chrétien de style gothique des voûtes et des piliers.

Le nouveau testament raconte comment Jésus et ses disciples sont venus à Jérusalem pour Pessah (la Pâque juive) et ont célébré la fête ici, quelques heures avant l’arrestation de Jésus. Ce sont des versets de première importance dans les évangiles : Jésus annonce d’abord la trahison d’un des apôtres. Il fait ensuite la bénédiction sur le vin (kiddouch) et fait la bénédiction sur le pain. Mais il invite les apôtres à partager ce vin et ce pain en disant « prenez, mangez, ceci est mon corps. Buvez-en tous car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour beaucoup, pour le pardon des pêchés » (Mathieu chapitre 26, verset 26-28). C’est un acte fondateur car Jésus institue ici l’eucharistie, un des sacrements essentiels du christianisme qui commémore et perpétue le sacrifice du Christ. On retrouve ce sacrement tous les dimanches à la messe. Lors du repas, il annonce également que c’est son dernier repas sur terre. Ils terminent le repas en chantant des psaumes avant de retourner sur le Mont des Oliviers.

 

D’autres évènements sont survenus en ce lieu : la désignation de Matthias pour remplacer Judas, et surtout la descente du Saint-Esprit sur les disciples. Cet évènement est arrivé cinquante jours après Pâques, pendant la fête juive de Shavouot (correspondant à la fête chrétienne de la Pentecôte). Des langues de feu descendirent du ciel et se posèrent sur chacun des apôtres. « Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (Actes des apôtres chapitre 2, verset 3-4). C’est à partir d’ici que les apôtres vont diffuser le message du Christ et voyager en Europe et en Asie pour évangéliser (transmettre la bonne parole).

En dessous du Cénacle, se trouve, selon la tradition, le tombeau du roi David. C’est un lieu ouvert tous les jours, 24 heures sur 24, de première importance pour les juifs. On y accède à travers un couloir qui mènent à deux salles : l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes. Dans chaque salle, on voit une partie d’un grand cercueil en pierre recouvert d’une couverture en velours bleu. Il ne s’agit pas à proprement parlé du cercueil du roi David. Il s’agit d’un cénotaphe, un tombeau élevé à la mémoire du Roi David mais qui ne contient pas son corps. Celui-ci, de style gothique, est l’œuvre des croisés. Le tombeau contenant le corps du Roi David se situe quelques mètres en dessous. Un escalier, muré par les ottomans, permettaient de descendre du Cénacle au tombeau du Roi David.

C’est sans doute la raison pour laquelle le Cénacle n’a pas été détruit par les Musulmans : le Roi David est également considéré comme une personne sainte par les musulmans : Nabi Daoud, le prophète David.

C’est donc un lieu exceptionnel à visiter, de première importance à la fois pour les chrétiens, les musulmans et les juifs.

Catégories : Israel

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