La guerre des Six Jours

Publié par guideisrael le

La Guerre des Six Jours a profondément modifié l’histoire et la géographie d’Israël. De nombreux sites liés à cette guerre peuvent être visités (Tel Faher, Latrun, Jérusalem, le Mont Hermon…).

La Guerre des Six Jours est la 3ème grande guerre que connait Israël après son indépendance.

Quelles sont les 2 premières : la guerre d’indépendance entre 1947 et 1949 et la crise de Suez en 1956. C’est cette dernière qui va être décisive pour Israël pour la décennie suivante avec les accords de Sèvres conclut entre la France, la GB et Israël. La France va devenir le principal partenaire d’Israël (livraison des avions Mystère, Vautour, Mirage et des chars Amx). Les Etats Unis ne deviendront le principal partenaire qu’après la guerre des Six Jours

Quelles sont les caractéristiques de cette guerre : c’est une guerre éclair (elle ne dure que 6 Jours), sur 3 fronts (Egypte, Jordanie, Syrie), contre des armées plus nombreuses et mieux équipées, gagnées grâce aux renseignements humains et à la maîtrise des airs. Elle va permette de tripler la taille du pays : après la guerre des Six Jours, Israël contrôle la péninsule du Sinaï, la Bande de Gaza, la Judée-Samarie, tout Jérusalem et le plateau du Golan.

Dernier point : il faut replacer cette guerre dans le cadre de la guerre froide : le Proche Orient est alors un enjeu dans les relations entre les Etats Unis et l’Union Soviétique.

 

Pourquoi cette guerre a commencé ?

La guerre va être déclenchée car les armées syriennes et égyptiennes, financées et équipées très lourdement par l’Union Soviétique, commencent à rassembler des troupes à leurs frontières. Ces troupes arabes vont être rejointes par des Irakiens, des troupes du Kuweit et d’Algérie.  De plus, le Président de l’Egypte, Nasser, va prendre 2 décisions capitales :

-le 20 mai 1967, Nasser va demander aux casques bleus qui stationnent dans le Sinaï de se retirer (ce qu’ils acceptent) et il va réunir 100 000 hommes à la frontière sud-ouest d’Israël (7 divisions, 1 000 tanks)

-le 22 mai, Nasser ferme l’accès au détroit de Tiran aux navires Israéliens, coupant l’accès à la Mer Rouge. Nasser sait que cette décision est clairement une déclaration de guerre.

En quelques jours, 250 000 militaires Arabes sont aux frontières d’Israël. A ce moment-là, le gouvernement israélien va demander l’aide de son principal allié, la France. Mais c’est alors un changement radical qui est réalisé car la France refuse d’intervenir. En effet, depuis des années, la France engagée dans la décolonisation voyait des intérêts à soutenir Israël. Avec la fin des hostilités en Algérie, le Général de Gaulle a clairement exprimé ses intérêts à se rapprocher des pays Arabes, d’un point de vue commercial et militaire.

Les Grands acteurs côté israélien :

Premier ministre : Levi Eshkol

Ministre de la Défense : Moshe Dayan

Chef d’Etat Major : Isaac Rabin

En Egypte : le Président Nasser

En Jordanie : le Roi Hussein

 

Comment cette guerre a commencé ?

Militairement, la guerre va commencer avec une opération surprise de l’aviation israélienne le 5 juin 1967 à 07 :45.

Pendant 3 heures, des avions volant à basse altitude pour ne pas être visibles aux radars vont attaquer les avions et les aéroports militaires Egyptiens.

L’heure de l’attaque est choisie grâce aux renseignements fournis par le gendre et le masseur personnel de Nasser. Les Israéliens savent que les pilotes Egyptiens font une première tournée vers 6h00 du matin et qu’après, ils sont au mess et prennent leur petit déjeuner. Les avions ne sont même pas protégés dans des hangars mais stationnent dehors sur les pistes.  Avec 500 sorties, les Israéliens vont détruire 309 des 340 avions Egyptiens incluant les derniers Ilyushin, Sukhoi et Mig russes.

De plus, les Israéliens avaient développé des techniques pour permettre aux avions au retour à la base d’être prêts à redécoller en 10 min alors qu’il en fallait presque 50 pour les Egyptiens.

Cette opération va marquer la supériorité israélienne dans les airs et va être déterminante pour la suite de la guerre.

Réactions du monde arabe

Il faut savoir que l’Egypte, la Jordanie et la Syrie ont signé un traité de défense quelques Jours avant la guerre prévoyant l’entraide des pays en cas de guerre. L’ensemble du monde Arabe est convaincu de sa supériorité sur Israël, de la victoire imminente et de la destruction d’Israël.

Les réactions du monde arabe sont des plus surprenantes au début de la guerre. Alors que l’aviation israélienne écrase les avions Egyptiens, des communiqués du Caire annoncent le début de la guerre et de nombreuses victoires égyptiennes. Ils annoncent de nombreuses attaques sur Tel Aviv et déclarent que les raffineries de Haïfa sont en feu. C’est alors que la Jordanie, l’Irak et la Syrie commencent leurs opérations. Sur les raffineries de Haïfa, l’aéroport de Megiddo, sur Netanya. Devant la victoire écrasante contre les avions Egyptiens, l’aviation israélienne s’est tournée vers le nord : en une journée, l’aviation Jordanienne était réduite à néant et les 2/3 de l’aviation syrienne était détruite. Très peu de dégâts ont été faits sur les villes et installations israéliennes.

Le Président Nasser lui-même va recevoir le premier jour des rapports falsifiés sur les nombreuses victoires égyptiennes. D’ailleurs, lors d’une conversation téléphonique qu’il a eu avec le roi Hussein de Jordanie (enregistrée par les Israéliens), il encourage le roi Jordanien à lancer ses forces sur le front israélien pour que les deux armées arabes se rencontrent alors que les troupes égyptiennes seraient déjà dans le Néguev. Il faut attendre 16 : 00 le 5 juin, premier jour de la guerre, pour que Nasser reçoive les premières informations correctes sur le déroulement de la guerre. Il est alors effondré. 

Pour expliquer les succès de l’aviation israélienne, le Président Nasser et le Roi Hussein iront jusqu’à inventer que les Israéliens ont été aidés par l’aviation américaine lors de ces attaques. C’est la version qui sera diffusée au public et à leurs alliés arabes. Cette conversation va également être enregistrée par les Israéliens et être révélée deux jours plus tard. Et le roi Hussein admettra que c’était une pure invention.

La suite de la guerre contre l’Egypte va se passer dans le Sinaï en deux Jours : 800 tanks Egyptiens vont être pris, 80% de l’équipement militaire va être perdus. C’est une victoire complète pour Israël.

Guerre contre la Jordanie 

Plusieurs tentatives ont eu lieu pour dissuader le Roi Hussein de s’engager dans le conflit. Le premier Ministre Levi Eshkol ayant promis de ne pas engager de conflits avec la Jordanie si celle-ci restait neutre. C’est ainsi qu’un message est arrivé par le chef des observateurs des Nations Unies au Roi Hussein le matin du 05 juin. Refus net de sa part. Le roi Hussein expliquera après coup que son engagement dans le conflit a été une grande erreur. Il craignait particulièrement les réactions du monde arabe s’il ne s’engageait pas aux côtés de ses voisins arabes et les réactions de la rue jordanienne largement favorable à une guerre contre Israël.

Le terrain de guerre est très différent. Ici, pas désert : des vallées, des montagnes, et des sites d’importance religieuses pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans.

A 11 :00, le 05 juin, les Jordaniens engagent les hostilités à Jérusalem contre le poste des observateurs des Nations Unies à Harmon Hanatsviv. Les Israéliens ont alors ordonné à l’artillerie de répondre aux attaques jordaniennes et la 16ème brigade de Jérusalem a été envoyée pour permettre l’évacuation du personnel des Nations Unies. Peu après, les combats s’engagèrent dans la vallée du Jourdain, autour de Latrun pour le contrôle de la route Tel Aviv-Jérusalem et à Jérusalem autour du Mont des Oliviers et du Nord de la ville. Le Roi Hussein demanda alors le soutien de ses alliés. Les Syriens n’interviennent pas et les Irakiens annoncent qu’ils ont déjà décollé pour attaquer Tel Aviv (annonce fausse). Les Jordaniens vont de défaite en défaite. Dans la vieille ville, la résistance est quasiment inexistante. L’immense majorité des Jordaniens a quitté la vieille ville pour se retirer d’abord dans la vallée du Jourdain puis rapidement de l’autre côté du Jourdain. La Ville de Jérusalem est réunifiée le 07 juin. Jérusalem réunifiée, les Israéliens, 19 ans après l’indépendance d’Israël, vont enfin avoir le droit de se rendre au Kotel.

Guerre contre la Syrie

Pendant 19 ans, entre 1948 et 1967, les Syriens ont transformé la région du plateau du Golan en une gigantesque base de défense avec des bunkers, des tanks et des mines pour empêcher une quelconque invasion israélienne.

Au commencement de la guerre, ils ont tout fait pour apparaître impliquer au maximum à travers de nombreux communiqués de guerre mais en s’engageant à minima sur le terrain. Seule l’artillerie syrienne continuait à bombarder les positions israéliennes le long du lac de Tibériade.

Le ministre de la défense, Moshe Dayan, était très hésitant à lancer une attaque contre le Golan. Celle-ci aurait pu amener les russes à intervenir directement dans le conflit. Devant la pression des villages israéliens qui vivaient sous le feu syrien et devant la rapidité de la victoire israélienne contre les Egyptiens et les Jordaniens, il accepte le 9 juin.

Tel Faher est le lieu de la plus grande bataille dans le Golan en 1967. Le site aurait dû être attaqué de nuit, sur les côtés, après un feu de l’artillerie ou de l’aviation. Les plans d’attaque du site étaient préparés depuis des mois. Par manque de temps de peur de voir imposer le cessez le feu par l’ONU, l’attaque a eu lieu en plein jour. De face, faisant des dizaines de morts et blessés côté israélien. Le lendemain, 10 Juin, les forces syriennes se retirent et commencent à faire sauter leurs positions sur le Golan. Le cessez le feu imposé par l’ONU le 10/06 à 18 :30.

En résumé :

-changement de situation radicale pour Israël avec des positions défensives après 1967 : le Sinaï, le plateau du Golan, la vallée du Jourdain

-la guerre fait 750 morts Israéliens et 21 500 Jordaniens, Syriens et Egyptiens.

-idée générale que la victoire était due à la grande supériorité technique de l’armée israélienne et aux commandements Israéliens et non aux négligences arabes, au manque de coordination et au pauvre degré de commandement général arabe (erreurs qui couteront cher pendant la guerre de kippour en 1973)

-supériorité aérienne avec contrôle des airs en 3 heures

-Israël a proposé de rendre le Golan à la Syrie en échange de la paix, le Sinaï en échange de la paix, la Judée Samarie en échange de la paix. Le dirigeant soviétique Nikolai Podgorny est alors intervenu pour promettre la reconstruction au plus vite les armées arabes et a invité à refuser toute forme de compromis avec Israël. Lors de la conférence de Khartoum le 1er septembre 1967, le communiqué formulera « le triple non » à Israël : pas de négociation, pas de reconnaissance d’Israël, pas de paix. Les intrigues russes et l’intransigeance arabe prépareront le terrain pour de nouvelles hostilités dans la région.

Pour info, le fameux téléphone rouge entre la Maison Blanche et le Kremlin a été utilisé pour la première fois lors de la Guerre des Six Jours.

Catégories : Israel

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